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Les entreprises se délestent des activités encombrantes. La sous-traitance d’activité apparaît comme l’outil capable de gagner en souplesse, en réactivité et en expertise, dans un marché évolutif et exigeant.

En dépit des contraintes légales, les entreprises ne sont pas suffisamment sensibilisées aux risques liés à la sous-traitance d’activité.

Le risque de dépendance envers (le)s prestataire(s) apparaît comme le phénomène le moins maîtrisé par les entreprises. Voici le constat principal d’une enquête de terrain menée par Oprisko, l’Observatoire des risques opérationnels en collaboration avec l’Université de Lausanne qui a consisté à étudier les risques d’entreprise auprès d’un échantillon d’entreprises romandes qui délèguent certaines activités auprès de tiers.

Lorsque des activités sont déléguées chez un prestataire alors des liens de dépendance irréversibles s’instaurent. La renégociation des termes du contrat devient très difficile : « Tout changement de dispositif ou retour en arrière serait trop compliqué et risqué » relève un interlocuteur. Cette dépendance est exacerbée par la forte concentration existant sur le marché des prestataires de services, un sondé parlant même de certains prestataires qui « […] ont une position de monopole et il est presque impossible de s’en passer, même si les prestations ne sont pas complétement satisfaisantes ». Sur cette même thématique un autre sondé évoque le manque de solutions d’externalisation disponibles dans les domaines de l’immobilier, de la santé ou encore du parapublic : « […] avec un ou deux prestataires disponibles sur le marché […]on a oublié d’investir dans l’I.T. pendant des années [..] ». Dès lors, sur le marché de l’externalisation, moins la concurrence est forte, plus le risque est élevé que l’entreprise se retrouve liée in fine à un prestataire dont elle n’est plus absolument satisfaite. D’autres répondants insistent sur les conséquences d’une externalisation comme perte de connaissances, de compétences et de savoir-faire du mandant.

Afin de prévenir le risque de dépendance, une personne interviewée propose d’étudier la possibilité contractuelle et organisationnelle d’un retour en arrière avant l’entrée en relation avec le sous-traitant : le contrat doit idéalement contenir des clauses permettant une sortie souple et à moindres coûts.

Un autre risque fréquemment évoqué : la sous-performance du sous-traitant. Pour prévenir ce risque, nos répondants recommandent de définir clairement les rôles et des responsabilités des parties, préciser pour chaque service des indicateurs de performance garantissant le suivi des performances du sous-traitant, et, formaliser la communication entre la société et le prestataire. Cette situation génère une certaine redondance des tâches avec un impact négatif sur l’efficience recherchée. Un répondant propose de prévoir des clauses de pénalité pour des incidents importants.

Enfin, une externalisation est rarement une opération neutre socialement. Le transfert de personnels peut être vécu par les salariés comme un traumatisme et suscite des réactions de rejet. Cette opposition pénalise dès lors le résultat de l’opération d’externalisation et les activités de l’entreprise. Les répondants proposent d’appliquer une gestion du changement méthodique, une communication planifiée et transparente à l’attention des collaborateurs.

L’étude a complète est disponible ici :

https://rushfiles.one/client/publiclink.aspx?id=QIpEDQvxUX

Étude menée sous la direction de Cyrille Reynard et Franco De Sena, accompagnés du conseil scientifique du Prof. Emmanuel Fragnière.

Cette étude n’aurait pas vu le jour sans les contributions des membres bénévoles de l’association, tout particulièrement :

Mesdames

Stéphanie Pierret

Maria Tootell

Professeur

Emmanuel Fragnière

Messieurs

Olivier Baldi

Eric Colombara

Pablo Faus Pérez

Erwin Kessler

Jean-Jaques Kohler

Philippe Marinoni

Le Comité d’Oprisko remercie le Prof. Anette Mikes, Allister Keane doctorant, et Stéphane Emery étudiant en Master HEC Lausanne, pour avoir bien voulu partager leurs recherches et résultats académiques dans le cadre de cette étude.

Nos remerciements vont par ailleurs au groupe Belmont Consulting Services SA (Suisse) à Lausanne, et tout particulièrement Jean-Claude Favre et Marc-Henri Balma, pour avoir apporté un regard externe, ainsi que leur expertise en matière de BPO et d’outsourcing.

Un grand merci à Céline Péters pour avoir assuré la relecture de cette étude.